vendredi 17 septembre 2010

Les nouveaux outils de pilotage de l'entreprise

L'informatique décisionnelle (Business Intelligence en anglais) fait partie de la palette d'outils informatiques à disposition de l'entreprise depuis déjà plusieurs dizaines d'années. Ils sont censés aider l'entreprise (sa direction) à la piloter en prenant les bonnes décisions, basées sur les chiffres fournis par le Système d'information.

Introduite dans les grandes entreprise au début des années 90, elle a lentement évolué vers les plus petites structures.
On peut classer ces outils dans 3 catégories :

  • Outils de reporting simples permettant de produire et imprimer des tableaux agrémentés de graphiques : ils possèdent une interface permettant de définir le schéma de la base de données, les relations entre tables et de "traduire" les objets de la base en objets intelligibles pour l'utilisateur
    Ils sont souvent interfacés avec Excel
  • Outils d'analyse, avec des fonctions de navigation simple dans les données (descendre dans le détail des données ou remonter vers les données agrégées)
    Ils sont souvent associés à des bases de données adaptées à ce mode d'analyse (multi dimensionnelles ou "cubes")
  • Portails d'entreprise, permettant d'organiser les rapports et tableaux, d'automatiser leur production et leur diffusion vers les membres de l'entreprise, gérer les droits d'accès aux rapports et aux données de l'entreprise

Le problème de ces outils est qu'ils sont basés sur des bases de données relationnelles ou des cubes, vers lesquels des requêtes sont envoyées au fur et à mesure des besoins de l'utilisateur, avec un temps de réponse qui varie mais n'est jamais instantané.
De plus, leur interface n'est jamais très conviviale et est basée la plupart du temps sur l'affichage de tableaux (croisés).

Seul Hyperion sort un peu du lot avec son cube et son plugin excel très réactifs, mais il a été rangé dans un placard depuis son rachat par Oracle.

De même, les leaders du marché (Business Objects et Cognos) n'évoluent plus depuis 2 ans, depuis leur rachat respectif par IBM et SAP. La machine est devenue trop lourde à manœuvrer.
Quand à Microsoft, il n'a jamais été très prolixe dans ce domaine, se contentant de fournir Excel et ses tableaux croisés comme front-end.

Depuis quelques années, des outils "open source" arrivent sur le marché mais ils n'apportent rien de nouveau en termes de fonctionnalités.

Une nouvelle génération d'outils, initiée par Qlikview, est apparue sur le marché il y a environ 2 ans et est en train de révolutionner (dans le bon sens) la façon d'analyser les données fournies par le Système d'information.
La grande force de ce type d'outils est de charger en mémoire (du poste de travail ou du serveur) la totalité des données nécessaires à l'analyse et de fournir à l'utilisateur un outil convivial, intuitif et réactif lui permettant de naviguer dans ses données et de visualiser en temps réel le résultat de ses choix parmi les critères d'analyse.
L'utilisateur n'est plus passif mais construit son analyse de manière interactive, les données ne sont plus figées (tableaux croisés = 2 dimensions d'analyse) mais l'ensemble des données est accessible en temps quasi instantané.

Qlikview a fait le chemin inverse des solutions leaders en pénétrant dans un premier temps les PME et s'attaque maintenant aux grands comptes, parmi lesquels il fait un tabac, les directions utilisateurs testant le produit et imposant dans la foulée à leur service informatique l'installation du produit sur leurs serveurs.

Mais Qlikview ne va pas rester longtemps seul sur le marché, les bonnes idées faisant vite des émules.

Je peux d'alleurs vous parler d'une solution dont les principes se rapprochent : il s'agit de DigDash. la société a été fondée par un ancien directeur de produits de Business Objects. Ce logiciel est en développement depuis plus de 2 ans et est maintenant dans une version stable déployée en entreprise.
Il fonctionne donc sur le même principe que Qlikview : constitution d'une base de données optimisée et chargement de la base en mémoire (serveur et/ou poste client).
Son gros avantage à mon sens est qu'il a été pensé dés le départ pour la mobilité : il fonctionne de base sur un navigateur, sans plugins, en profitant à fond des possibilités des nouvelles normes HTML, du javascript et des navigateurs modernes. Les tableaux de bord produits sont donc utilisables sur l'ensemble des postes de travail du marché (PC, Mac et Linux) ainsi que sur les smartphones (android, iphone) et autres tablettes ipad et android. Et cela sans nuire à l'ergonomie et à la facilité d'utilisation.

Je pense que ces 2 logiciels sont les premiers d'une longue série d'outils véritablement dédiés à l'optimisation des performances de l'entreprise.

Les leaders du marché devront vite réagir s'ils veulent conserver leur leadership sur ce marché très convoité. Pour l'instant, on ne voit rien bouger ...